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T'es d'min cuin ti?

Lundi 13 février 2006

 

Comme je l'avais promis à Astrid, voici la rubrique qui vous permettra d'apprendre jour après jour notre belle langue à nous-autes dont les premières traces écrites remontent quand même au IX ème siècle ! (La Séquence de Sainte Eulalie).

Pour ce faire, je suis allée pluker drochi-drola quelques mots et tournures savoureuses pour vous partager un peu de min pays.

Ravise ben, cha pourro t'servir min fiu !!

P.S : Dany Boon  à s'baraque et en ch'ti est un très bon outil pédagogique :D

Par Marge
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Mardi 14 février 2006

[11:39]

Alo fiu !

Première leçon pour mes chtios camararad' : c'mint kon chalu en chti ?

La première chose à savoir quand on veut être un bon chti c'est de savoir dire bonjour et aurevoir... On n'est pas des sauvages ! Alors sachons être un digne représentant de cette belle langue et optons pour les bonnes manières... à toutes occasions !

Y'a plusieurs expressions plus ou moins utilisées... En voici quelques unes :

Se saluer en chti

Bonjour tertous !

Bonjour mes gints !

Bonjour tout le monde !

Bonjour messiers dames !

Alo fiu !

Salut mon garçon !

Bonjour emn onme / chele dame !

Bonjour monsieur / madame !

 Après ça, suivent généralement d'autres expressions comme :

Cha va? K'mint qu'i va ? Quo qu'i dit? Qué nouvièle ?

Maintenant que vous savez die bonjour, vous allez apprendre comment on dit aurevoir, ben oui ça fait plus poli quand même ! !

Dire au revoir en chti

A s'ervir !

Au revoir ! (A se revoir)

A l'arvoïure !

Au revoir !

Adé !

Salut !

A tourade !

A béto !

A bientôt !

A d'soubite ! A ttaleure !

A tout à l'heure !

A chés fêtes !

A plus tard ! (Aux fêtes !)

Unne bonne nuite !

Bonne nuit !

Bon vièpe !

Bonsoir !

Apprenez bien votre leçon et surtout mettez là en pratique, y'a que comme ça qu'on se souvient :D

La prochaine fois je vous apprendrai la version Chti de quelques prénoms et leur sobriquet ... :)

A l'arvoïure mes gints !

Par Marge
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Jeudi 16 février 2006

[15:55]

Alors comme promis, voyons un peu aujourd'hui les prénoms et sobriquets en chti... I

l faut savoir qu'en plus de leur nom et tiot nom, les habitants du Nord avaient en génral un nom jté ou un nom d'bertèke, c'est à dire un sobriquet, parfois péjoratif mais bien souvent affectueux... Cela fait souvent référence au physique, au moral ou à la profession...

Exemples :

 

Trotard (un personne qui avait toujours peur d'être en retard), Toubake ("tabac" = gros fumeur), Mi l'a faim (qui quémande toujours à manger), Monniau (oiseau), ech pape/ch'tiot diu/ech clèr (le curé), Bout d'zinke (le ferrailleur), Berlafe (qui postillonne toujours... hem hem :) ), Bec salé (qui a toujours soif - certains se reconnaitront :p ), La-coule (sacré farceur)...

D'ailleurs, le mot chtimi est lui-même un de ces noms d'bertèke, attribué aux gens du Nord lors de la Première guerre Mondiale par les soldats des autres régions qui entendaient les conversations des Nordistes ponctuées de mots comme ch', ti, mi (toi, moi, celui...).

Quant aux habitants du Pas-de-Calais, ils étaient surnommés les Boïaus rouges (boyaux rouges), dont l'origine reste controversée (peut-être le sang que crachaient les mineurs silicosés?)

 

Baptiste

Joseph

Ginette

Emilie

Amélie

Angélique

François

Philippe

Joséphine

Albert

Tisse

Zèfe

Nénète

Mimile

Mélie

Gélike

Franchoé

Flipe

Fifine

Béber

Et voici comment les présentations sont faites :

Kmint qu'in vos lonme ? Kmint qu'os s'aplez?

Et on répond par :

Mi j'em lonme / ej m'apèle / Mi, ch'et...

Min (pé)tiot nom ch'est...

La prochaine fois, on abordera la famille....

 

 

Par Marge
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Dimanche 9 avril 2006

[11:51]

Hello tout le monde !

Petite leçon de chtimi aujourd'hui, ça faisait longtemps... je sais que certains sont en vacances mais ça n'empêche pas de se culturer  heu... non de se cultiver hé hé ! surtout quand il s'agit du chti ! lol

Le thème de ce jour est : la famille, la parenté, autrement dit mes gints !

Y'a une multitude de mots pour se désigner les uns les autres, certains plus affectifs que d'autres...comme min tiot bradé par exemple (mon petit chéri) ! 

Les enfants :

On connait tous ou presque le fameux kinkin - et pas quinquin - (ou ninnin, ou papar : bébé) comme nous appelaient nos grands-pères et grands-mères... Pour parler d'un enfant, d'autres expressions sympas existent : l'incontournable min fiu, ech culo (le dernier-né), el jonne (le jeune, l'enfant) ou encore el doubel-garchon (l'adolescent), min garchon et em file...

Même le kéké est traduisible en chti ! On a : un galibié, eun galapia (féminin) et un marga... bah oué min fiu, les kékés ça existe depuis toujours !

Bon allez j'arrête de radoter sur l'enfance et ché jonnes, passons aux vius ! heu, aux adultes quoi !

Les adultes :

Por ches parints, on a ech père et el mère, mais Papa et maman se traduisent aussi respectivement par apa (ou pa) et aman (ou man).

Dans la famille de ches onmes ou ches capiaux (hommes), je demande monnonke (mon oncle), ech pépèreel taïon pi el rataïon, (le grand-père et l'arrière-grand-père), min cousse (cousin mais aussi camarade, copain), el tiot-fiu (petit-fils) pis ech baron (le mari). Pioche !

Ches finmes (ou ches blancs-bonnets) ne sont pas en reste : matante (tante), l'baronnesse (la femme), la mémère, l'taïonne (la grand-mère), la bièle-file (belle-fille) et celle qu'on adore toutes et tous : el bièle-mère !

Allez, pour terminer cette leçon, et parce que vous avez été sages, on va chanter un ptit air bien de chez nous :

Dors, min ptit kinkin (Dors, mon petit bébé)

Min ptit pouchin, (Mon petit poussin,)

Min gros rogin ! (Mon gros raisin !)

Te m'fras du chagrin (Tu me feras du chagrin)

Si te n'dors poin chqu'a dmain ! (Si tu ne dors pas jusqu'à demain !)

Pour info, c'est le début de la fameuse berceuse d'Alexandre Desrousseaux (ou canchon dormoire), véritable hymne des nordistes !

 

Adé mes gints ! et à béto !

Par Marge
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Lundi 8 mai 2006

[14:52]

Aujourd'hui, amusons-nous un peu et découvrons le personnage de Cafougnette :

Mais avant tout, un peu d'histoire...

Cafougnette est un personnage né de l'imagination du poéte-mineur Jules Mousseron, né à Denain en 1868 et décédé en 1943.

Cafougnette apparaît pour la première fois en 1899 dans une chansons intitulée "L'mariache à chabots", puis dans un monologue "Cafougnette à Paris". Dans plus de 300 poèmes publiés, notre héros est mis en scène environ 60 fois. Ce personnage connaît une renommée immense car le poète a donné en 40 ans, plus de 1000 représentations publiques dans le Bassin minier, à une époque où nos anciens avaient peu de distractions.

Nos grands-pères ont adopté ce héros-mineur et lui ont ensuite attribué dans la tradition orale, toutes les histoires qui se colportaient d'une fosse à l'autre, d'un coron à une cité ouvrière. Ces aventures étaient racontées au moment du briquet, au fond de la mine, à l'estaminet ou au coin du pignon après une journée de travail. Cafougnette en est le héros, tantôt bavard, naïf, vantard, astucieux ou innocent, confronté aux problèmes de tous les jours, à la mine, dans son ménage, chez son médecin, au café, à l'école...

Il appartient désormais au folklore régional et devient la vedette de toutes ces histoires pour rire que l'on appelle des "cafougnettes".

Voici une bien jolie phrase du poète Jules Mousseron :

J'ai fort quièr el français, ch'est l' pu joli langache, Comm' j'aime el biau vêt'mint qué j' mets dins les honneurs. Mais j' préfèr' min patois, musiqu' dé m' premier âche, Qui, chaqu' jour, fait canter chu qu'a busié min cœur. L' patois s'apprind tout seul, et l' français, à l'école. L'un vient in liberté, l'autr' s'intass' comme un rôle.

Jules Mousseron

Et enfin, une cafougnette comme on les aime :

Cafougnette se plaint à son voisin :

-L'aute coup, j'rinte à m'mason un tiot peu pus d'bonne heure ! Quo que j'vos? Em'femme all'étot couchée avec un homme ! Acoute ! Min sang n'a fait q'un tour ! Si in  n'mavot point artenu, j'li auros fait faire tros tours dins ses bottines, j'l'auros ébranqué ! S'panche all' aurot été épautrée !! Aurot passé un sale quart d'heure, si in n'm'avot point arténu !

- "Mais qui ch'est qui t'a arténu?" demande le voisin.

- "Li !!"

(Pour tout bien comprinte : Epautrer = déchirer la peau, éventrer -  Asniquer = assommer)

  Et pour terminer, voici une phrase à méditer : I vaut miux rire equ'braire, el grimace all' est pus belle !

Par Marge
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